et dans l'étroit espace que m'imposait la nature du livre. Je devais donc me borner à représenter, par des exemples caractéristiques, les diverses tendances et les aspects variés de chaque période: j'espère que, sous ce rapport, on n'aura pas de lacune grave à me reprocher. Je n'ai pas besoin de justifier la prépondérance accordée aux douzième et treizième siècles, qui représentent la complète efflorescence des littératures du moyen-âge. La méthode peu critique avec laquelle les anciens textes français ont souvent été publiés rendait nécessaire le recours aux sources originales: je ne m'en suis dispensé que quand elles n'étaient pas accessibles ou que j'avais sous les yeux des textes dignes de toute confiance. En outre, j'ai cherché à donner plus de valeur à cette Chrestomathie en y comprenant des morceaux inédits. J'ai été efficacement aidé, à ces deux points de vue, par mes amis MM. A. Ebert, P. Meyer, H. Michelant, __ IV — A. Mussafia, Fréd. Pfeiffer et E. Sti'ehlke. Je dois surtout remercier ici M. Schirmer, qui a bien voulu, avec un dévouement tout désintéressé, coUationner à Paris la plus grande partie des morceaux désignés, ainsi que M. Manefeld, qui a revu également quelques pièces. Un voyage inespéré à Paris m'a permis d'ajouter et de compléter moi-même en maint endroit. La grammaire et les notes ont été mises en français par mon ami M. Gaston Paris; je ne pouvais lui demander le travail considérable qu'exigeait le glossaire: je n'ai fait que le consulter sur quelques points où je doutais. Je prie donc les lecteurs français de m'excuser si, dans cette partie de l'ouvrage, ils ne trouvent pas toujours l'expression allemande rendue par la nuance française correspondante. La grammaire et le glossaire, pour lesquels, une fois le texte imprimé, il ne restait que peu de place, ont dû se resserrer autant que possible. La grammaire ne comprend donc qu'un court aperçu du système des formes d'après les matériaux fournis par la chrestomathie: j'ai renoncé à la phonétique; je n'ai pas non plus abordé la distinction, encore mal établie, des dialectes, parce que ce travail, qui a pour base essentielle la phonétique, ne peut être entrepris qu'à l'aide d'une étude comparative de tous les documents et spécialement des chartes. La lecture attentive des variantes montrera toutefois que mon texte repose sur l'étude des dialectes et de l'usage spécial à chaque poète. Dans le glossaire, j'ai écarté, pour épargner de la place, toutes les étymologies et les noms propres, et je n'ai donné que peu de citations. J'ai supprimé la traduction en français moderne partout où la forme et le sens des anciens mots la rendaient inutile. E08TOCK, juillet 1866. PREFACE DE LA CINQUIEME ÉDITION. Le choix des textes dont se compose cette cinquième édition n'a pas subi de changement. Toutefois, il sera facile d'y remarquer des améliorations ou des recti- fications. Aussi me suis-je fait un plaisir d'utiliser telle ou telle donnée apportée par maint ami. Pour ce qui est de l'ordre chronologique, j'aurais pu le modifier et tenir compte ainsi des recherches et découvertes les plus récentes. Ce qui m'a retenu, c'est d abord le peu d'avantage qui en serait résulté, ensuite la crainte d'un grave incon- vénient rencontré déjà dans les éditions précédentes: l'obligation de chifî'rer tout difi'éremment les citations du glossaire comme de l'abrégé grammatical. Car c'est précisément dans les chiffres qu'il s'est glissé peu à peu des incorrections regrettables. Aussi, dans cette nouvelle édition, me suis-je appliqué tout particulièrement à éviter ces imperfections-là.